
Actualité · Lecture 6 min · Publié le 10 mars 2026
DPE 2026 : nouveau calcul, location, vente — ce qui change.
DPE 2026 : nouveau mode de calcul, audit obligatoire à la vente, calendrier d'interdiction de location. Le point complet pour vendeurs et bailleurs.
Nouveau calcul du DPE : le coefficient électricité passe à 1,9.
Depuis le 1er janvier 2026, le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique évolue : le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est abaissé de 2,3 à 1,9. Concrètement, les logements chauffés à l'électricité voient leur consommation conventionnelle recalculée à la baisse, sans que le bâti ait changé.
Selon les pouvoirs publics, environ 850 000 logements chauffés à l'électricité sortent ainsi des classes F et G. Radiateurs électriques et pompes à chaleur sont les premiers bénéficiaires de cette correction, jugée plus fidèle à la réalité du mix électrique français.
Bonne nouvelle pour les propriétaires concernés : il n'est pas nécessaire de refaire un diagnostic. L'ADEME délivre gratuitement, sur l'Observatoire DPE-Audit, une attestation de nouvelle étiquette, sans nouvelle visite. Attention toutefois : cette attestation ne vaut que si l'étiquette s'améliore, et elle ne constitue pas un nouveau DPE.
Durée de validité et fiabilisation du diagnostic.
La durée de validité d'un DPE reste fixée à 10 ans. Attention néanmoins : les diagnostics réalisés entre 2018 et juin 2021, établis selon l'ancienne méthode, sont invalides depuis le 1er janvier 2025. Si votre document date de cette période, il doit être refait avant toute vente ou mise en location.
Le DPE est par ailleurs opposable depuis juillet 2021 : un acquéreur ou un locataire peut se retourner contre le vendeur ou le bailleur en cas d'erreur. Cette opposabilité a entraîné une fiabilisation progressive de la méthode, dont la réforme du coefficient électricité constitue l'étape la plus récente.
Autre nouveauté au 1er janvier 2026 : le DPE collectif devient obligatoire pour les copropriétés de 50 lots et moins (permis de construire antérieur à 2013), après les plus de 200 lots en 2024 et les 50 à 200 lots en 2025. Toutes les copropriétés concernées doivent désormais disposer de ce diagnostic à l'échelle de l'immeuble.
Vente : l'audit énergétique obligatoire pour les classes E, F et G.
Depuis le 1er avril 2023, la vente d'une maison individuelle ou d'un immeuble en monopropriété classé F ou G impose la réalisation d'un audit énergétique réglementaire. Depuis le 1er janvier 2025, cette obligation s'étend aux logements classés E. Les lots de copropriété (appartements) n'y sont pas soumis à la vente.
Plus complet qu'un DPE, cet audit propose des scénarios de travaux chiffrés pour atteindre une meilleure classe, avec une estimation des économies d'énergie attendues. Il doit en principe être remis au candidat acquéreur dès la première visite et reste valable 5 ans.
Ne confondez pas l'audit réglementaire (obligatoire à la vente), l'audit incitatif (volontaire, exigé pour certaines aides) et le DPE : trois documents distincts, aux usages différents.
Interdiction de location : le calendrier des classes G, F puis E.
Le calendrier d'interdiction de location, inscrit dans la loi Climat et résilience au titre du critère de décence, s'applique aux nouveaux baux :
- depuis 2023 : plafond de 450 kWh/m²/an d'énergie finale ;
- depuis le 1er janvier 2025 : interdiction des logements classés G ;
- au 1er janvier 2028 : interdiction des logements classés F ;
- au 1er janvier 2034 : interdiction des logements classés E.
Un point de vigilance : l'assouplissement pour les logements G voté au Sénat en avril 2025 (bail possible si des travaux sont engagés sous 3 ans en maison, 5 ans en copropriété, avec des exceptions liées aux Architectes des Bâtiments de France ou au refus de la copropriété) n'est pas en vigueur à ce jour. Son examen est attendu au cours de l'été 2026 : la règle applicable reste donc l'interdiction pour les logements classés G.
Vendeurs et bailleurs : les conséquences concrètes en 2026.
Pour les bailleurs, un logement classé G ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail depuis 2025. Le locataire d'un logement non décent peut exiger des travaux, voire saisir le juge. Le DPE étant opposable, l'étiquette affichée engage juridiquement le propriétaire, y compris dans l'annonce de location.
Pour les vendeurs, l'étiquette pèse directement sur la négociation : les logements classés E, F ou G subissent le plus souvent une décote, et l'audit obligatoire met noir sur blanc le coût des travaux à prévoir, ce qui alimente la discussion sur le prix.
Premier réflexe en 2026 : vérifier votre nouvelle étiquette sur l'Observatoire DPE-Audit avant toute transaction. Avec le coefficient à 1,9, de nombreux logements chauffés à l'électricité changent de classe sans travaux — de quoi, dans certains cas, sortir du champ de l'audit obligatoire ou de l'interdiction de louer.
Prix d'un DPE et d'un audit énergétique en 2026.
Le tarif du DPE n'est pas réglementé : comptez en 2026 entre 100 et 250 € selon la surface du logement, sa localisation et le diagnostiqueur. Il est recommandé de comparer plusieurs devis de professionnels certifiés.
L'audit énergétique réglementaire, plus approfondi, coûte généralement entre 800 et 1 500 € pour une maison, avec des extrêmes constatés de 400 à 1 600 € selon le département et la complexité du bien.
Lorsqu'il est réalisé volontairement, hors obligation de vente, l'audit peut être soutenu par MaPrimeRénov' : de 300 à 500 € selon les revenus, dans la limite de 800 € de dépense éligible. L'audit imposé à la vente reste, lui, à la charge du vendeur.
Comment gagner des classes au DPE avant les échéances.
Pour sortir des classes E, F ou G, la hiérarchie des travaux suit celle des déperditions : l'isolation d'abord, la ventilation et le chauffage ensuite. Quelques ordres de grandeur en 2026, fourniture et pose comprises :
- combles perdus par soufflage : de 20 à 50 €/m² ;
- isolation des murs par l'intérieur : de 40 à 90 €/m² ;
- isolation des murs par l'extérieur : de 120 à 280 €/m² ;
- VMC double flux : de 3 500 à 8 000 € en rénovation.
Côté chauffage, le passage à une pompe à chaleur air/eau peut mobiliser entre 3 000 et 5 000 € de MaPrimeRénov' selon les revenus, auxquels s'ajoutent 2 500 à 4 000 € de Coup de pouce CEE. Le guichet MaPrimeRénov', rouvert le 23 février 2026, est recentré sur les logements F et G et la décarbonation du chauffage ; la TVA à 5,5 % s'applique à la plupart de ces travaux.
Rappel essentiel : ces aides exigent une entreprise certifiée RGE. Les équipes Ciel Eco, certifiées RGE, réalisent l'audit, dimensionnent les travaux et montent le dossier d'aides de bout en bout.
Questions fréquentes.
Faut-il refaire son DPE après la réforme du 1er janvier 2026 ?
Non. Si votre logement est chauffé à l'électricité et que le nouveau coefficient améliore son étiquette, l'ADEME délivre gratuitement une attestation de nouvelle classe sur l'Observatoire DPE-Audit, sans nouvelle visite. Les DPE réalisés entre 2018 et juin 2021 restent en revanche invalides et doivent être refaits.
Peut-on encore louer un logement classé F en 2026 ?
Oui, un logement classé F peut encore être proposé à la location en 2026. L'interdiction des nouveaux baux vise les classes G depuis le 1er janvier 2025 ; elle s'étendra aux F au 1er janvier 2028, puis aux E au 1er janvier 2034. Anticiper les travaux dès maintenant reste toutefois vivement conseillé.
Combien coûte un DPE en 2026 ?
Le prix d'un DPE n'est pas réglementé : il varie en général entre 100 et 250 € selon la surface du logement et le département. L'audit énergétique réglementaire, obligatoire pour vendre une maison individuelle classée E, F ou G, coûte pour sa part entre 800 et 1 500 €.
L'audit énergétique est-il obligatoire pour vendre un appartement ?
Non, dans la plupart des cas : les lots de copropriété ne sont pas soumis à l'audit énergétique réglementaire à la vente. L'obligation concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés E, F ou G. Le DPE reste en revanche obligatoire pour toute vente, appartement compris.



