
Témoignages · Lecture 6 min · Publié le 10 juin 2026
Témoignage pompe à chaleur photovoltaïque : du fioul au solaire.
Témoignage pompe à chaleur photovoltaïque : Claire et Julien racontent leur sortie du fioul en Gironde, des aides au chantier jusqu'aux premières factures.
Une maison de 1978 en Gironde, chauffée au fioul depuis toujours.
Les prénoms ont été modifiés, mais l'histoire est celle de nombreux propriétaires. Claire et Julien vivent depuis 2014 dans une maison de 1978 d'environ 120 m², entre Bordeaux et Libourne. Le chauffage y a toujours été assuré par une chaudière fioul, avec sa cuve au fond du garage et ses livraisons annuelles.
« Chaque commande de fioul était devenue un petit stress, raconte Claire. On ne savait jamais à quel prix on paierait l'hiver. » En 2024, une panne de brûleur en plein mois de janvier fait office de déclencheur : plutôt que de réparer une chaudière en fin de vie, le couple décide d'étudier une solution durable.
Leur cahier des charges tient en trois points : sortir du fioul, conserver les radiateurs existants et, si possible, produire une partie de leur électricité.
De l'audit au simulateur d'aides : le déclic du projet.
Première étape, un audit énergétique de la maison : combles correctement isolés, murs d'origine, chaudière au rendement déclinant. Le diagnostic confirme que le logement peut passer à une pompe à chaleur air-eau sans remplacer les radiateurs, moyennant un dimensionnement soigné.
En parallèle, Julien teste le simulateur d'aides en ligne de Ciel Eco : « En trois minutes, on avait un ordre de grandeur des aides. C'est ce qui nous a décidés à demander une étude complète. » Le conseiller propose un scénario en deux volets : une pompe à chaleur air-eau pour le chauffage et l'eau chaude, et 6 kWc de panneaux photovoltaïques en autoconsommation avec vente du surplus.
La maison ayant plus de quinze ans et servant de résidence principale, le projet est éligible aux aides publiques, à condition de confier les travaux à une entreprise certifiée RGE et de déposer les demandes avant le début du chantier.
Pompe à chaleur et photovoltaïque : budget et aides obtenues.
Pour une maison d'environ 120 m², le devis de la pompe à chaleur air-eau s'est situé entre 11 000 et 16 000 € pose comprise, dans la moyenne des prix constatés en France. L'installation photovoltaïque de 6 kWc a été chiffrée entre 10 000 et 16 000 € clé en main. Au total, un budget compris entre 22 000 et 30 000 €, avec une TVA à 5,5 % appliquée sur la pompe à chaleur.
Côté financement, le dossier — déposé avant le début des travaux — a permis de mobiliser plusieurs aides :
- MaPrimeRénov' pour la pompe à chaleur air-eau : de 3 000 à 5 000 € selon les revenus, le couple ayant obtenu entre 3 000 et 4 000 € ;
- les certificats d'économies d'énergie (CEE) : entre 2 500 et 4 000 € supplémentaires ;
- la prime à l'autoconsommation, encore en vigueur au dépôt de leur demande de raccordement : de 450 à 500 € pour 6 kWc.
« Sans l'accompagnement sur le dossier, on aurait probablement renoncé », reconnaît Julien. À noter : depuis octobre 2025, la TVA à 5,5 % s'applique aussi au photovoltaïque résidentiel jusqu'à 9 kWc, sous conditions.
Un chantier mené en quelques jours, sans refaire la maison.
Le chantier s'est déroulé au printemps 2025, en moins d'une semaine de présence sur site. Deux jours pour déposer l'ancienne chaudière, neutraliser la cuve de fioul et raccorder la pompe à chaleur au réseau de radiateurs existant. Deux jours de plus pour installer les panneaux, l'onduleur et le système de pilotage de l'énergie.
« On s'attendait à des semaines de travaux, on a eu quatre jours d'artisans soigneux », résume Claire. Les équipes, certifiées QualiPAC et QualiPV, ont ensuite géré la mise en service et la demande de raccordement ; le contrat de vente du surplus a été activé quelques semaines plus tard.
Seule adaptation notable : le réglage de la courbe de chauffe, affiné au fil du premier hiver pour tirer le meilleur rendement possible de la pompe à chaleur.
Un an après : ce que disent les factures de Claire et Julien.
Un an après, le couple a fait ses comptes. Sur le chauffage, la facture a baissé de 50 à 60 % par rapport au fioul, dans la fourchette des économies moyennes constatées pour ce type de remplacement. « On chauffe mieux, plus régulièrement, et on a arrêté de surveiller le prix du fioul », sourit Claire.
Côté solaire, les 6 kWc ont produit entre 6 600 et 7 800 kWh sur douze mois, une production cohérente avec l'ensoleillement du Sud-Ouest. Sans batterie, le couple autoconsomme 30 à 50 % de cette production, soit entre 400 et 650 € d'électricité évitée par an au tarif réglementé actuel. Le surplus, racheté dans le cadre de leur contrat signé avant juin 2026, apporte un complément de l'ordre de 130 à 220 € par an.
Restent les charges nouvelles : un contrat d'entretien de la pompe à chaleur, facturé entre 150 et 350 € par an — la loi n'impose qu'une visite tous les deux ans pour ces puissances, mais la plupart des fabricants conditionnent leur garantie à un entretien annuel. Au global, le couple situe son retour sur investissement dans la moyenne du photovoltaïque résidentiel, entre 7 et 12 ans.
Leurs conseils avant d'installer une PAC et des panneaux.
Avec le recul, Claire et Julien retiennent cinq réflexes qu'ils recommandent à tous les propriétaires qui hésitent encore :
- comparer plusieurs devis : les écarts peuvent atteindre 25 % selon la région, la marque et la configuration de la maison ;
- exiger une entreprise certifiée RGE (QualiPAC, QualiPV), condition indispensable pour obtenir les aides ;
- déposer les demandes d'aides avant le début des travaux, jamais après ;
- se méfier des performances annoncées : les COP réels mesurés sont souvent inférieurs aux valeurs constructeur, d'où l'importance du réglage de la courbe de chauffe ;
- pour le solaire, vérifier le régime applicable, les règles de prime et de rachat ayant changé en juin 2026.
« Notre seul regret, c'est de ne pas l'avoir fait cinq ans plus tôt », conclut Julien. Un témoignage qui rappelle qu'une sortie du fioul bien préparée tient moins de l'exploit que de la méthode.
Questions fréquentes.
Quel budget pour remplacer une chaudière fioul par une pompe à chaleur ?
Pour une maison de 100 m², une pompe à chaleur air-eau coûte entre 9 000 et 14 000 € pose comprise, et de 13 500 à 19 500 € pour 150 m². MaPrimeRénov' (de 3 000 à 5 000 € selon les revenus) et les CEE (2 500 à 4 000 €) réduisent la facture, à condition de passer par un installateur certifié RGE.
Peut-on encore obtenir la prime à l'autoconsommation photovoltaïque en 2026 ?
Non pour les nouvelles demandes : la prime est supprimée pour les dossiers de raccordement déposés depuis le 5 juin 2026. Avant cette date, elle représentait de l'ordre de 75 à 85 € par kWc jusqu'à 9 kWc, soit 240 à 720 € selon la puissance. Le surplus reste racheté, mais à un tarif nettement plus bas qu'avant juin 2026.
Quelles économies réelles avec une pompe à chaleur à la place du fioul ?
En remplacement d'une chaudière fioul, une pompe à chaleur air-eau réduit la facture de chauffage de 50 à 60 % en moyenne. Les performances dépendent du dimensionnement et du réglage : le COP mesuré sur le terrain est souvent inférieur aux valeurs constructeur, et un bon réglage de la courbe de chauffe peut faire gagner près d'un point de rendement.
Combien produit une installation photovoltaïque de 6 kWc par an ?
Tout dépend de la région : comptez 900 à 1 100 kWh par kWc dans le Nord, 1 100 à 1 300 dans le Centre et l'Ouest, et 1 300 à 1 500 sur l'arc méditerranéen. Une installation de 6 kWc produit donc entre 5 400 et 9 000 kWh par an, dont 30 à 50 % sont en général autoconsommés sans batterie.



